+ Cette chanson adopte la voix d’un homme devenu puissant en terre étrangère — chef militaire au service du sultan, entouré de spahis, riche et craint — mais rongé par le remords.
Il décrit son faste : palais flamboyant, trésors, armée fidèle. Pourtant, cette grandeur repose sur une faute intime : pour obtenir cette royauté, il a renié sa patrie, sa foi, sa mère, sa fiancée. La nuit, dans la solitude, il sent peser sur lui la marque des maudits. Même les promesses religieuses censées le rassurer ne dissipent pas son doute.
Il se voit comme un traître à l’honneur, hanté par les morts qu’il a causées et par l’abandon de tout ce qui faisait son identité. Il imagine déjà l’inscription infamante sur sa tombe : « parjure ». Toute la chanson oppose ainsi la splendeur extérieure à la ruine intérieure d’un homme qui a sacrifié son âme à la puissance.
Incipit : Mes noirs coursiers attestent ma présence / Mille spahis font respecter mes lois Usage : Soldats Structure : 4 couplets de 8 vers Type : Texte, Notation musicale Ouvrage :Droüart (Marie), Cahier n° 1, 34 chansons populaires de Haute-Bretagne, 1945. Position dans l’ouvrage : f° 158 recto-159 recto Note : Chanté dans l’atelier de Jos LE BRETON, grand-père de Marie DROÜART. Manuscrit à l’écoute
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